Ellesont d’ailleurs provoquĂ© la mort d’un cheval et l’hospitalisation de son cavalier en 2010 en Bretagne toujours. Le premier ministre François Fillon s’était rendu sur place et avait FacilesĂ  introduire dans vos plats et menus, les algues mĂ©ritent vraiment d’y trouver une place de choix. FraĂźches, il faut bien les rincer afin de les dessaler. Elles sont merveilleuses en tartare Ă  dĂ©guster dans une entrĂ©e, sur une tranche de pain ou avec des lĂ©gumes en bĂątonnets. En paillettes, comme « La soupe du pĂȘcheur », elle peut ĂȘtre introduite dans RĂ©sumĂ©: La pollution des algues vertes, due Ă  un taux Ă©levĂ© de nitrates dans l'eau, touche la cĂŽte bretonne. La commune de Binic, CĂŽtes-d'Armor, est donc contrainte de nettoyer SurAstuces-Jeux, nous vous proposons de dĂ©couvrir la solution complĂšte de Codycross. Voici le mot Ă  trouver pour la dĂ©finition "Algues rĂ©coltĂ©es sur les plages de Bretagne" ( groupe 79 – grille n°1) : Une fois ce nouveau mot devinĂ©, vous pouvez retrouver la solution des autres mots se trouvant dans la mĂȘme grille en cliquant ici. CetĂ©tĂ©, tous les regards Ă©taient tournĂ©s vers la Bretagne, envahie sur certaines de ses plages d’algues vertes. Ces derniĂšres auraient d’ailleurs provoquĂ© la mort de plusieurs dizaines Vay Tiền Nhanh Chỉ Cáș§n Cmnd. DerniĂšre mise Ă  jour le 20 janvier 2012 DESCRIPTION Ce guide de bonnes pratiques s'adresse Ă  tous les rĂ©coltants d'algues de rive et toutes les personnes de la filiĂšre algue et de la filiĂšre agrobiologique qui souhaitent connaĂźtre les pratiques de rĂ©coltes permettant une gestion durable des champs d'algues de rive. Il vise Ă  permettre une utilisation durable des ressources en diffusant aussi largement que possible les connaissances concernant ces algues afin que la rĂšglementation et les bonnes pratiques Ă  respecter soient connues de tout usager de l’ document contient des fiches prĂ©sentant des algues de rive, c’est-Ă -dire des algues fixĂ©es au sol et qui sont rĂ©coltĂ©es Ă  pied Ă  marĂ©e basse. Il existe d’autres modes d’exploitation des algues elles peuvent ĂȘtre pĂȘchĂ©es depuis des bateaux spĂ©cialisĂ©s lorsqu’elles sont situĂ©es sous le niveau de la basse mer principal mode d’exploitation des algues en France, ou ramassĂ©es en Ă©paves aprĂšs qu’elles aient Ă©tĂ© arrachĂ©es par la houle. Ces deux modes de rĂ©colte font rĂ©fĂ©rence Ă  des rĂšglementations diffĂ©rentes qui ne sont pas prĂ©sentĂ©es dans ce guide a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© dans le cadre du projet Algmarbio, dont l’objectif gĂ©nĂ©ral est le dĂ©veloppement de la filiĂšre Algues marines Bio bretonne. Il est le rĂ©sultat d’un travail de collecte de donnĂ©es scientifiques de la littĂ©rature, de consultation d’acteurs de la filiĂšre algues rĂ©coltants d’algues, scientifiques, administrations, entreprises de transformation d’algues, etc., d’un travail de terrain avec des rĂ©coltants d’algues, et de connaissances de principes de l’agriculture biologique. Il est basĂ© sur les principales algues rĂ©coltĂ©es en Bretagne, rĂ©gion française oĂč se dĂ©roule la majeure partie de l’activitĂ© de rĂ©colte d’algues en France. NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE DETAILLÉE keyboard_arrow_right Titre RĂ©colte des algues de rive - Guide des bonnes pratiques keyboard_arrow_right Type de documentation Brochures keyboard_arrow_right Date de publication 20 janvier 2012 keyboard_arrow_right Nombre de pages 47 pages keyboard_arrow_right Editeurs Inter Bio Bretagne keyboard_arrow_right Tags thĂ©matiques algue, agriculture biologique keyboard_arrow_right Langue Français D'oĂč viennent les algues vertes ? Quel est ce phĂ©nomĂšne qui empoisonne la Bretagne ? 1978, la marĂ©e noire provoquĂ©e par l'Amoco Cadiz pollue largement les cĂŽtes du FinistĂšre. Par analogie, les Bretons s'inspirent de ce terme pour qualifier le phĂ©nomĂšne qui les frappe depuis quelque temps. C'est sous le nom explicite de "marĂ©e verte" que le grand public dĂ©couvre l'invasion massive et incontrĂŽlable du littoral par les algues vertes. 1. Quand et oĂč ? L'invasion de certaines plages par des tonnes d'algues vertes se manifeste en Bretagne au dĂ©but des annĂ©es 1970, mais la prise de conscience de ce phĂ©nomĂšne Ă©cologique ne se fait vĂ©ritablement qu'Ă  la fin de la dĂ©cennie - la premiĂšre Ă©tude relative au problĂšme des algues vertes est publiĂ©e en 1977. Depuis cette date les Ă©tudes se sont multipliĂ©es mais la marĂ©e verte n'a cessĂ© d'Ă©tendre ses mĂ©faits. Ce sont les baies semi-ouvertes, pourvues d'un ou plusieurs cours d'eau, qui sont le plus sujettes Ă  la prolifĂ©ration incontrĂŽlable de ces algues. Par exemple, les baies bretonnes de Lannion, Saint-Brieuc, Douarnenez, Concarneau ... L'actualitĂ© de l'Ă©tĂ© 2009 les ayant mises en avant, en particulier la plage de Saint-Michel-en-GrĂšve en baie de Lannion avec la mort d'un cheval. En Bretagne, si les plages des dĂ©partements du nord FinistĂšre et des CĂŽtes d'Armor se couvrent de l'essentiel de ces algues vertes, indĂ©sirables et envahissantes, les vasiĂšres et estuaires de la cĂŽte sud son Ă©galement Ă  prĂ©sent concernĂ©es rade de Lorient, ria d'Etel ... Le SchĂ©ma Directeur d'AmĂ©nagement et de Gestion des Eaux du bassin Loire Bretagne recense 129 sites de Bretagne affectĂ©s par les marĂ©es vertes voir la carte en page 120. 2. Qui sont-elles ? "Laitue de mer", "salade", "algue de la pollution", l'algue verte se fait traiter de tous les noms... Plus scientifiquement, il en existe deux espĂšces, difficiles Ă  distinguer. Les fausses jumelles se nomment Ulva armoricana et Ulva rotundata. L'ulve est une algue "cosmopolite" et "opportuniste", pas difficile Ă  vivre, Ă  la croissance exponentielle, pour peu que soient rĂ©unies les conditions nĂ©cessaires Ă  son Ă©panouissement ensoleillement, profusion de nutriments et dĂ©placement minimum de la masse d'eau dans laquelle elle se dĂ©veloppe en suspension. Elle prolifĂšre donc essentiellement entre avril et juillet, surtout sur les plages et les fonds de baies. L'ulve est capable d'accumuler de grandes rĂ©serves et traduit presque intĂ©gralement l'absorption des nutriments disponibles en croissance. Si le taux de phosphore prĂ©sent dans l'algue reste stable, ce n'est pas le cas de l'azote, facteur limitant de la croissance de l'ulve. Ce nutriment indispensable provient des apports terrigĂšnes, rĂ©sultant du lessivage des sols gorgĂ©s de l'azote des fertilisants agricoles. Une fois Ă©chouĂ©e, l'ulve se dĂ©grade si elle n'est pas reprise par le flot suivant. Durant sa fermentation, elle dĂ©gage de l'hydrogĂšne sulfurĂ© qui se concentre sous la croute blanche du tas. Quelques semaines suffisent Ă  la minĂ©ralisation complĂšte de l'algue. Algues vertes, suite et fin ? 2011 - *"Il faudrait descendre en dessous de 10 mg/L pour obtenir la rĂ©duction de moitiĂ© du phĂ©nomĂšne des marĂ©es vertes" Interview Alain Menesguen IFREMER ex-directeur de recherche 3. Pourquoi les marĂ©es vertes ? A l'origine des marĂ©es vertes se conjuguent des facteurs gĂ©ologiques, climatiques, hydrodynamiques... et anthropiques. Apport de nutriments L'ulve se nourrit principalement de phosphore et d'azote. Les fonds sableux de ses baies de prĂ©dilection lui sont une continuelle source de phosphore, lĂ©gĂšrement assaisonnĂ©e par les rejets urbains dĂ©tergents et agricoles. Par contre, l'apport massif d'azote dans les eaux est majoritairement d'origine agricole, avec pour responsable la surfertilisation des sols. Le transfert de ces nutriments azotĂ©s jusqu'Ă  la mer est rĂ©gi par diffĂ©rents facteurs potentiel de dĂ©nitrification du sol l'azote minĂ©ral ou organique peut ĂȘtre plus ou moins absorbĂ© par les plantes ou relĂąchĂ© sous forme d'azote gazeux. pluviomĂ©trie des prĂ©cipitations printaniĂšres induisent un lessivage des nitrates du sol et un dĂ©bit accru des cours d'eau. On a effectivement remarquĂ© un moindre volume d'algues lors des annĂ©es sĂšches. propriĂ©tĂ©s gĂ©ologiques et pĂ©dologiques du sol un sol permĂ©able stocke l'azote organique et minĂ©ral, allonge son transfert vers l'exutoire et agit simultanĂ©ment comme une rĂ©serve prĂȘte Ă  libĂ©rer un flux d'azote lors de prĂ©cipitations tardives, jusqu'en juin et juillet. Un sol impermĂ©able, lui, rĂ©agira Ă  la moindre pluie et occasionnera de forts flux d'azote ponctuels. L'existence d'un rĂ©seau souterrain peut aussi influencer la durĂ©e du transfert des nutriments azotĂ©s dans le bassin versant et le dĂ©bit d'Ă©tiage de certains cours d'eau. surface du bassin versant et dĂ©bits d'Ă©tiage ils influencent le dĂ©bit Ă  l'exutoire et donc le flux azotĂ© disponible. Mais un bassin versant de grande taille entraĂźne des apports de vase qui empĂȘchent la croissance des algues sur place. Cliquez sur l'infographie de l''Observatoire de l'environnement pour consulter les donnĂ©es TĂ©lĂ©chargez les rĂ©ponses des scientifiques aux campagnes de dĂ©ni orchestrĂ©s par l'Institut de l'environnement et les syndicats agricoles FNSEA, CDJA, Coordination rurale ImmobilitĂ© de la masse d'eau Une masse d'eau inerte empĂȘche la dilution des sels nutritifs Ă  l'estuaire. Cette inertie est favorisĂ©e par une configuration semi-fermĂ©e du littoral et l'absence de courants marins significatifs. Un estran Ă©tendu et une plage en faible pente retiennent les masses d'algues. Ensoleillement C'est le soleil qui dĂ©clenche la pousse des ulves, mais c'est aussi lui qui peut, par un rayonnement trop intense, dĂ©grader leurs pigments chlorophylliens et provoquer l'arrĂȘt de leur croissance. En Bretagne, elles n'ont pas Ă  craindre les coups de soleil. Vagues et courants Ce sont eux qui conditionnent l'Ă©chouage sur les plages des algues, mais ces facteurs sont difficiles Ă  formaliser et ne prĂ©sument aucunement du volume Ă©chouĂ©. Laxisme et carences des prĂ©fets? La cour administrative de Nantes a confirmĂ© le 1er dĂ©cembre 2009, la condamnation prononcĂ©e par le tribunal administratif de Rennes le 23 octobre 2007. Le laxisme et les carences des prĂ©fets qui n'ont pas appliquĂ© les rĂ©glementations nationales et europĂ©enne, ont bel et bien favorisĂ© la prolifĂ©ration des algues vertes sur le littoral breton. Voir l'arrĂȘt de la cour administrative de Nantes pdf - 4. ConsĂ©quences Des volumes d'ulves ramassĂ©s annuellement et des coĂ»ts engendrĂ©s en rĂ©gion Bretagne. Des filiĂšres d'Ă©limination qui sont parfois complĂštement dĂ©bordĂ©s, comme Ă  Lantic en juillet 2019. Les nuisances sont tout d'abord d'ordre visuel et olfactif. Les touristes fuient les plages touchĂ©es par la marĂ©e verte. La putrĂ©faction des tonnes d'ulves dĂ©gage de l'hydrogĂšne sulfureux, non seulement nausĂ©abond mais aussi nĂ©faste pour les espĂšces vivantes du milieu. MarĂ©es vertes en baie de Saint-Brieuc La dĂ©composition des algues sur place est Ă  l'origine d'inconvĂ©nients sanitaires liĂ©s aux Ă©missions d'ammoniac et d'hydrogĂšne sulfurĂ©. L'hydrogĂšne sulfurĂ© libĂ©rĂ© lors de la dĂ©gradation des algues reste emprisonnĂ© sous la croute du tas tant qu'aucun pied ou patte ne vient la crever. À 1100ppmv partie par million en volume, il peut ĂȘtre mortel en quelques minutes. De plus une telle quantitĂ© d'algues en dĂ©composition favorise la prolifĂ©ration bactĂ©rienne. Air Breizh a procĂ©dĂ© au suivi des Ă©missions d'hydrogĂšne sulfurĂ© en 2005 pdf - 822 Ko, 2007 pdf - 1087 Ko et 2009 pdf - 940 Ko Ă  Saint-Michel-en-GrĂšve en baie de Lannion, en 2008 pdf - 934 Ko Ă  Hillion en baie de Saint-Brieuc et en 2009 pdf - 1789Ko Ă  Douarnenez. Une Ă©tude de l'InĂ©ris pdf - 1131 Ko + annexes pdf - 8592 Ko rĂ©alisĂ©e en 2009 sur le site de Saint-Michel-en-GrĂšve, rĂ©vĂšle des teneurs sur le site capables d'entrainer la mort. Par lettre du 1er octobre 2007, le PrĂ©fet des CĂŽtes d'Armor avait invitĂ© les maires des communes littorales de ce dĂ©partement Ă  restreindre l'accĂšs du public aux plages touchĂ©es par les Ă©chouages d'algues vertes. Depuis la mise ne place du plan de lutte contre les marĂ©es vertes pdf - 749 Ko en fĂ©vrier 2010, les recommandations se sont faites plus prĂ©cises. L'Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail Anses a Ă©tĂ© saisie par les ministĂšres chargĂ©s de l'Écologie, du travail et de la santĂ© afin d'Ă©mettre le 15 juillet 2010 des recommandations de prĂ©vention liĂ©s aux algues vertes pour la santĂ© des populations avoisinantes des promeneurs et des travailleurs pdf - 358 Ko. Ce premier travail a Ă©tĂ© complĂ©tĂ© par la publication le 7 juillet 2011 d'un rapport de plus de 250 pages. Les plages bretonnes fermĂ©es au public pour prĂ©venir les dangers sanitaires. Au fur et Ă  mesure de l'aggravation de l'eutrophisation, les champs d'ulves se sont Ă©tendus jusqu'Ă  10 Ă  15 mĂštres de fond donnĂ©es de 1998. La pĂȘche au filet y est rendue impossible. Tous les sites touchĂ©s ne s'eutrophisant pas de la mĂȘme façon, on a calculĂ© un indice de sensibilitĂ© basĂ© sur le rapport du volume d'ulves effectivement produit avec la production potentielle calculĂ©e Ă  partir du flux d'azote Ă  l'exutoire. 5. Solutions ? Diverses solutions de traitement de l'ulve sont dĂ©jĂ  mises en place ou envisagĂ©es compostage, mĂ©thanisation, alimentation animale, voire alimentation humaine ! Certaines s'avĂšrent faisables, d'autres complĂ©tement farfelues. Cela Ă©tant, l'ulve reste un inĂ©puisable terrain d'expĂ©rimentation pour les bureaux d'Ă©tudes ou les "GĂ©o Trouvetout". Ramassage Le coĂ»t du ramassage des tonnes d'ulves Ă©chouĂ©es a dĂ©passĂ© les 800 000€ en 2009 pour un peu plus de 60 000m3 au total pour les 8 communes les plus touchĂ©es Hillion, Binic, Saint-Michel-en-GrĂšve, Plestin-les-GrĂšves en CĂŽtes d'Armor et Plomodiern, PlounĂ©vez-Porzay, La ForĂ«t-Fouesnant et Concarneau en FinistĂšre donnĂ©es Chambre rĂ©gionale des comptes de Bretagne. Cela sans compter le plan de lutte contre les marĂ©es vertes qui devrait induire dans les prochaines annĂ©es une augmentation des dĂ©penses avec ses exigences de ramassage systĂ©matique des ulves. Les conseils gĂ©nĂ©raux prenaient Ă  leur charge 80% du coup du ramassage, le reste revenant Ă  la commune. L'État s'Ă©tant engagĂ© Ă  prendre financiĂšrement en charge les campagnes de ramassage des algues vertes, le Conseil GĂ©nĂ©ral des CĂŽtes d'Armor s'est dĂ©sengagĂ© de cette politique pour 2010. Il y avait consacrĂ© 344 000€ en 2009 ; un crĂ©dit de 105 000€ est toutefois encore inscrit au budget de l'annĂ©e 2010 pour honorer les actions du Conseil GĂ©nĂ©ral au titre de 2009. En 1996, la pollution par les algues vertes avait coĂ»tĂ© 60 F/m3. En 2004, le coĂ»t de ramassage des algues restait globalement inchangĂ© 10 €/m3. Le ramassage, qui agit uniquement de maniĂšre curative, n'est pas sans incidences Ă©cologiques sur le littoral piĂ©tinement dĂ» aux engins, Ă©vacuation de sable, disparition de milieux et d'espĂšces,... L'Ă©tĂ© 2010 et la plage de Saint-Michel-en-GrĂšve sont d'ailleurs le terrain d'expĂ©rimentation de prototypes capables de ramasser les ulves avec le moins de sable possible. DĂ©pĂŽt La mise en dĂ©charge des algues ramassĂ©es Ă©tait, il y a peu encore, la solution la plus facile pour se dĂ©barrasser des algues vertes. Dans certains cas, aucun contrĂŽle ni suivi n'Ă©taient assurĂ©s. Du fait de la rapide dĂ©gradation de la matiĂšre organique des algues, leur mise en dĂ©pĂŽt revenait Ă  un transfert de pollution pur et simple, particuliĂšrement en cas de proximitĂ© d'un cours d'eau. Le "jus" d'algue chargĂ© en azote, sous une forme extrĂȘmement soluble, rejoignait les zones sensibles en un court dĂ©lai. Depuis la publication du plan contre les marĂ©es vertes, les possibilitĂ©s de stockage se sont fortement restreintes. En CĂŽtes d'Armor, la PrĂ©fecture a mis en Ɠuvre des prescriptions supplĂ©mentaires aux prescriptions gĂ©nĂ©rales rĂ©glementaires pour les plate-formes pouvant accueillir des algues vertes aire de stockage Ă©tanche, capacitĂ© suffisante des bassins recueillant les eaux de ruissellement, cahier de suivi, durĂ©e limitĂ©e du stockage des ulves avant traitement, prĂ©caution vis-Ă -vis des travailleurs,... Épandage L'Ă©pandage des algues "fraĂźches" Ă©tait une solution trĂšs utilisĂ©e notamment sur le bassin versant de la Lieue de GrĂšve. RĂ©alisĂ© dans de bonnes conditions, il amĂ©liore les propriĂ©tĂ©s physiques du sol, grĂące au calcaire mĂȘlĂ© aux ulves, bon Ă©lĂ©ment stabilisant. Les ulves sont d'ailleurs plus acceptĂ©es par les agriculteurs pour le sable, bon amendement, que pour les algues elles-mĂȘmes A plus de 50 tonnes d'algues Ă©pandues par hectare se pose cependant un problĂšme de salinitĂ©. Les agriculteurs n'ont en gĂ©nĂ©ral qu'une vague idĂ©e de leur valeur fertilisante et les Ă©pandent en plus des fertilisants habituels. Les algues se minĂ©ralisent Ă  toute allure et repassent donc largement dans le rĂ©seau hydrographique. Une tonne d'algues Ă©quivaut en fait Ă  1,2 kg d'azote. Les volumes d'ulves sont donc impĂ©rativement Ă  inclure dans le plan de fertilisation, pour Ă©viter de gorger le sol de nitrates supplĂ©mentaires. Les plans contre les marĂ©es vertes ont limitĂ© et encadrĂ© l'Ă©pandage des algues "fraĂźches" non stabilisĂ©es et dĂ©veloppĂ© des filiĂšres de compostage Ă  Lantic et Fouesnant notamment. Compostage Le compost est obtenu par la stabilisation et la dĂ©gradation biologique des ulves sous contrĂŽle. Les ulves sont mĂ©langĂ©es Ă  des matiĂšres ligneuses dĂ©chets vĂ©gĂ©taux, paille,.... Ce mĂ©lange se doit d'ĂȘtre "intime et homogĂšne" afin d'Ă©viter les poches de gaz et de permettre le sĂ©chage des algues. À l'usine de Launay-Lantic, inaugurĂ©e en grandes pompes par le ministre de l'Agriculture et de la PĂȘche et la secrĂ©taire d'État Ă  l'Écologie en juillet 2010, ce process est rĂ©alisĂ© dans des boxes confinĂ©s. MĂ©thanisation voir aussi analyse L'ulve possĂšde un faible potentiel mĂ©thanogĂšne puisqu'elle est essentiellement composĂ©e d'eau. La prĂ©sence de sable rend Ă©galement le procĂ©dĂ© de mĂ©thanisation difficile. De plus, le dĂ©gagement de soufre lors de la transformation des algues entraine la corrosion des ouvrages. Combattre l'eutrophisation Ă  la source Les actions curatives et provisoires ne peuvent remplacer l'action prĂ©ventive. Celle-ci est indispensable puisque c'est Ă  la source que doit ĂȘtre supprimĂ©e la pollution. L'objectif est une fois de plus la rĂ©duction du taux de nitrate dans les cours d'eau. Pour diminuer la pollution des eaux souterraines, toute intervention est impossible Ă  court ou moyen terme une fois la nappe polluĂ©e. C'est donc en amont qu'il faut agir rĂ©duire l'apport d'azote dans les sols et les eaux, ce qui implique un changement des pratiques agricoles, entre autres, fertilisation rĂ©duite, qui Ă©vite les fuites d'azote vers les eaux prise en compte d'une part incompressible de fertilisation minĂ©rale dans les autorisation d'Ă©pandage de lisier remplacement du maĂŻs par de la prairie. Pour prĂ©venir la pollution des eaux superficielles, une voie Ă  dĂ©velopper est l'augmentation du pouvoir Ă©purateur du bassin versant, mise en place de talus, de haies et de zones boisĂ©es, prĂ©servation et restauration de zones humides en fond de vallĂ©e, maĂźtrise des rĂ©seaux drainage vers les zones Ă©puratoires. Toutes ces dĂ©marches nĂ©cessitent une vraie prise de conscience collective une telle Ă©volution n'est pas de la seule responsabilitĂ© des exploitations agricoles elle concerne Ă©galement les collectivitĂ©s locales, les consommateurs, et l'ensemble des organisations Ă©conomiques, bancaires ou techniques, en lien avec les exploitations. Par ailleurs, cette Ă©volution indispensable doit aussi ĂȘtre encouragĂ©e par la Politique Agricole Commune au travers des subventions accordĂ©es aux exploitations agricoles. Les critĂšres d'attribution de ces aides doivent encourager les progrĂšs environnementaux et soutenir les modes d'agriculture durable. Car seule l'adoption d'un modĂšle agricole dit durable, comme ceux dĂ©veloppĂ©s dans notre rĂ©gion par le CEDAPA, PARADE, ou la FĂ©dĂ©ration RĂ©gionale de l'Agriculture biologique serait la vraie solution. Ces systĂšmes engendrent des fuites d'azote incomparablement moindres. De plus, ils utilisent peu ou pas de pesticides. Cette rĂ©volution sera sans doute nĂ©cessaire pour inverser durablement le cours actuel des choses. Quoi qu'il en soit, une fois entamĂ©es ces opĂ©rations, pas de miracle ! Les marĂ©es vertes ne disparaĂźtront qu'aprĂšs un temps de rĂ©ponse plus ou moins long. C'est Ă  dire lorsque les nappes polluĂ©es se seront renouvelĂ©es, et que l'azote accumulĂ© dans le sol aura Ă©tĂ© dĂ©stockĂ©... Voir aussi sur le mĂȘme sujet Le dossier rĂ©alisĂ© avec France Nature Environnement juin 2020 le site officiel de la PrĂ©fecture de RĂ©gion le site de l'Observatoire de l'environnement Bretagne Le papier de l'Association Française pour l'INformation Scientifique "Algues vertes la fin d'une controverse" juin 2020 FamiliĂšres des palais asiatiques, les algues s’invitent dans les rayons d’épicerie fine. Et pas seulement pour donner des couleurs aux ingrĂ©dients tels que les pĂątes. UtilisĂ©es par quelques grands chefs principalement bretons elles ont sĂ©duit un public d’initiĂ©s dont le cercle pourrait bien s’agrandir dans les annĂ©es qui viennent. Manger des algues ? Si cela vous semble original, il faut savoir que ces plantes aquatiques, qu’elles soient d’eau douce ou marines, font d’ores et dĂ©jĂ  partie de l’alimentation de millions de personnes, essentiellement en Asie. Elles entrent aussi dans la composition de nombreuses prĂ©parations industrielles, cachĂ©es sous des noms de code assez peu poĂ©tiques E401 et E405 pour les algues brunes qui Ă©paississent les yaourts, E406 pour amĂ©liorer la consistance de la mayonnaise industrielle et E407 pour les algues rouges gĂ©lifiant les produits lactĂ©s. Jusqu’à prĂ©sent cantonnĂ©es essentiellement aux produits industriels, les algues entrent aujourd’hui dans la composition de nombreux produits dans des secteurs aussi divers que la cosmĂ©tique ou l’alimentation. Et cette fois, en prĂ©cisant clairement leurs noms car les propriĂ©tĂ©s sont nombreuses. Carole Dougoud Chavannes, auteur du livre Les algues de A Ă  Z » Editions Jouvence parle mĂȘme des lĂ©gumes du IIIe millĂ©naire ». Riches en fibres et en minĂ©raux, elles sont une excellente source de vitamines et selon les variĂ©tĂ©s, elles reprĂ©sentent un apport en protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, en gĂ©nĂ©ral bien tolĂ©rĂ©es par l’organisme. Autres atouts elles sont une dizaine de fois plus dosĂ©es en calcium que le lait et prĂ©sentent une faible teneur calorique. IngrĂ©dient miracle alors ? Peut-ĂȘtre pas, mĂȘme si les Japonais en font une grosse consommation puisque les algues reprĂ©senteraient 10 % de leur ration alimentaire quotidienne, consommĂ©es en salade, en condiment ou comme herbe aromatique. Les algues peuvent ĂȘtre utilisĂ©es dans de nombreuses applications tout au long de la chaĂźne de valeur agroalimentaire et de plus en plus d’acteurs, grands groupes ou start-up se positionnent sur ce marchĂ© », confirme Anne-Claire Lapie, responsable de mission agroalimentaire Ă  la sociĂ©tĂ© de conseil en innovation Alcimed. Plaisir des yeux et rĂ©gal des papilles. Habitudes alimentaires obligent, c’est essentiellement en Asie que la plupart des algues utilisĂ©es dans le monde sont cultivĂ©es. Car oui, ce sont des produits de culture ! Premier pays producteur au monde, la Chine fournit les deux tiers des quinze millions de tonnes d’algues consommĂ©es chaque annĂ©e, suivie par l’IndonĂ©sie, la CorĂ©e du Sud et le Japon. Le quasi-monopole des Chinois fait d’ailleurs peser une Ă©pĂ©e de DamoclĂšs sur les approvisionnements mondiaux d’autant que les conditions de culture sont parfois remises en cause, mĂȘme au sein de l’Empire du Milieu. La France, n’arrive qu’en dixiĂšme position puisque les algues sont essentiellement rĂ©coltĂ©es sur les cĂŽtes bretonnes. Scarlette Le Corre, pionniĂšre en la matiĂšre, rĂ©colte kombu breton ou kombu royal, wakamĂ© et dulse sur les plages autour du Guilvinec oĂč elle s’est lancĂ©e, dĂšs 1992, dans l’algoculture. Elle commercialise aujourd’hui une petite gamme de produits dont un court-bouillon marin une cuillerĂ©e Ă  cafĂ© par litre d’eau suffit pour pocher un poisson ou un crustacĂ© et lui donner un petit cĂŽtĂ© retour de la pĂȘche ». Un peu plus au nord de la Bretagne, Bord Ă  Bord » se prĂ©sente comme un maraĂźcher de la mer » qui exploite, rĂ©colte et cuisine quelques-unes des algues prĂ©sentes le long des cĂŽtes de Roscoff. La marque, labellisĂ©e bio, propose des bocaux d’algues cuisinĂ©es, des algues fraĂźches ou sĂ©chĂ©es, des conserves et autres Ă©pices de la mer. Une foule de produits originaux permettant une initiation en douceur Ă  la cuisine des algues, mais qui sĂ©duisent aussi les plus grands chefs. Christine Le Tennier, PDG de Globe Export- Algues de Bretagne commercialise les algues de sa Bretagne natale dans le monde entier et a consacrĂ© un trĂšs beau livre de recettes Ă  ces produits naturels Algues & Gastronomie Editions PalĂ©mon. Avec le chef Bruno Matignon spĂ©cialiste des vĂ©gĂ©taux marins alimentaires elle rĂ©vĂšle la diversitĂ© des algues et des prĂ©parations auxquelles elles s’associent. De l’entrĂ©e au dessert, de nombreux chefs de Bretagne se sont prĂȘtĂ©s Ă  l’exercice et proposent quantitĂ© de recettes, toutes plus originales les unes que les autres et toujours savoureuses. Autre atout des algues qu’apprĂ©cient les cuisiniers professionnels ou amateurs la diversitĂ© des couleurs, passant du vert Ă©lectrique de la laitue de mer au pourpre de la dulse ou au noir du wakamĂ©, que l’on retrouve habituellement autour des makis japonais. DĂ©clinĂ©es pour tous les goĂ»ts. En rayons, les algues dĂ©clinent une incroyable diversitĂ© de produits pour permettre Ă  chacun de se faire une idĂ©e de leurs diffĂ©rents goĂ»ts, plus ou moins iodĂ©s, plus ou moins marquĂ©s. Des sels aromatisĂ©s pour les plus frileux aux algues fraĂźches sous vide, la palette des possibilitĂ©s est trĂšs large. Bord Ă  Bord propose ainsi une dĂ©clinaison de tartares rĂ©alisĂ©s avec des algues assaisonnĂ©es puis marinĂ©es avec une huile d’olive vierge extra biologique. Natures ou parfumĂ©es aux herbes de Provence, accompagnĂ©es de citron confit ou assaisonnĂ©es avec du vinaigre de vin rouge et de l’échalote, ces prĂ©parations se marient idĂ©alement avec un poisson cru, des huĂźtres ou des coquilles saint-jacques, mais aussi tout simplement dĂ©gustĂ©es sur un toast. Dans les produits secs, les algues multiplient aussi les associations. Christine Le Tennier propose ainsi toute une gamme de produits Ă  base d’algues dont des aromates de la mer. S’ils se marient idĂ©alement avec les produits de la mer, leur association avec du riz change tout. Quant aux pĂątes, lĂ  encore, les fabricants font assaut d’imagination. Christine Le Tennier, encore elle, commercialise, en association avec la maison de maille Armor Lux, des petites pĂątes colorĂ©es dont une Ă  base de spiruline qui donne une jolie couleur bleutĂ©e en forme de l’emblĂ©matique mariniĂšre. Plus luxueuses, les pĂątes haute couture » de chez Cornand associent deux algues dulse et spiruline d’Ouessant dans des coffrets de tagliatelles. À l’arrivĂ©e, les algues donnent aux pĂątes des tons beige taupĂ© et cĂ©ladon Ă©teint qui Ă©tonnent les convives, mais accompagnent aussi parfaitement un beau homard ou un filet de bar au sel en apportant une touche design Ă  l’assiette. Et pour les accompagner, rien de tel qu’un beurre Bordier
 aux algues bien sĂ»r ! Mais ce sont Ă©videmment les produits de la mer qui se marient le mieux avec les algues. Si quelques excursions sur terre existent, comme les amandes bord de mer » – primĂ©es aux Épicures du Monde de L’Épicerie Fine – la Compagnie Bretonne du Poisson s’en est fait une spĂ©cialitĂ© thon germon aux algues et maquereaux au kombu ont ainsi intĂ©grĂ© leur gamme de produits phares, mais aussi une Ă©tonnante soupe de poissons aux algues. La douceur des uns s’accordant parfaitement Ă  la texture des autres pour une prĂ©paration originale et rĂ©ussie. Pas facile pour autant de proposer ce type de produits. Il y a ceux qui connaissent
 et les autres ! À L’Air du temps Ă  Morlaix, Eliane SĂ©vĂšre propose une sĂ©lection de tartares d’algues, natures, aux huĂźtres et mĂȘme associĂ©es Ă  des cornichons. Nous avons des clients qui viennent spĂ©cialement pour acheter ces produits, raconte-t-elle. Ils ont dĂ©couvert les algues au restaurant et ont envie d’en consommer Ă  la maison. Du coup, c’est une clientĂšle fidĂšle et qui apprĂ©cie les nouveautĂ©s. » Mais il est plus difficile de proposer ce type de produits Ă  Paris oĂč Pascal MiĂšvre de L’Épicerie Fine Rive Gauche, reconnaĂźt qu’il a une clientĂšle de connaisseurs amateurs d’algues dĂ©shydratĂ©es pour prĂ©parer des salades, mais qu’il s’agit d’une minoritĂ©. BĂ©atrice Delamotte Elles Ă©taient lĂ  bien avant nous, constituant mĂȘme les premiĂšres formes de vie, les algues. Nous allons suivre Tounn Richard, guide-animatrice nature en TrĂ©gor cĂŽtier finistĂ©rien, dans l’une de ses sorties de dĂ©couverte et cueillette d’algues fraĂźches, Ă  l’initiative d’Elodie Bertrand et Maylie Caillon, deux Ă©tudiantes en BTS Gestion et protection de la nature au lycĂ©e de Suscinio Ă  Morlaix. Elles se sont intĂ©ressĂ©es aux algues, depuis leur cueillette jusqu’à nos assiettes
 dans lesquelles nous vous proposons un menu en trois temps. Mais auparavant, quelques mots sur cette ressource alimentaire locale pleine de bienfaits qui suscite un engouement croissant, mais constitue avant tout une inestimable richesse de biodiversitĂ© de nos cĂŽtes bretonnes, Ă  prĂ©server durablement. Brunes, rouges, vertes, les algues sont d’une incroyable diversitĂ© 700 Ă  800 espĂšces identifiĂ©es dans notre rĂ©gion. La Bretagne est la troisiĂšme puissance mondiale dans le domaine des algues en terme de biomasse disponible et rĂ©coltĂ©e aprĂšs le Chili et la NorvĂšge » , nous apprend-on dans un reportage de France 3 Bretagne* diffusĂ© il y a trois ans, le FinistĂšre accueillant Ă  lui seul le plus grand champ d’algues d’Europe. Si dĂ©sormais elles rĂ©galent telles quelles nos palais, nous les avons longtemps utilisĂ©es et continuons de le faire abondamment, au grĂ© des dĂ©couvertes de leurs propriĂ©tĂ©s et vertus, que nous avons mises Ă  profit dans nombre de nos activitĂ©s humaines santĂ©/pharmacologie/cosmĂ©tique, usages industriels et agro-alimentaires, etc. Au point de les considĂ©rer ces derniĂšres annĂ©es comme le nouvel or bleu une ressource naturelle qui comme les autres, est de plus en plus exploitĂ©e
 et qu’il s’agit Ă©videmment de prĂ©server en dĂ©veloppant un sens revisitĂ© de la mesure, celui de la parcimonie, alimentĂ©e par la connaissance de ces fabuleux organismes vivants. Cela tombe bien, car connaĂźtre, cueillir et cuisiner les algues, c’est l’affaire de Tounn Richard**, guide-animatrice nature prĂšs de Plestin-les-GrĂšves. Nous l’avons suivie dans sa balade-cueillette d’algues fraĂźches, Ă  l’initiative ce jour lĂ  d’Elodie Bertrand et Maylie Caillon, deux Ă©tudiantes originaires de Touraine venues en BTS Gestion et protection de la nature au lycĂ©e de Suscinio Ă  Morlaix, sĂ©duites par cet aliment gluant mais appĂ©tissant ! ». Apprendre Ă  les connaĂźtre, Ă  les cueillir
 C’est sur la plage des Sables Blancs de Locquirec, entre deux giboulĂ©es de mars, que Tounn Richard et les Ă©tudiantes ont donnĂ© rendez-vous aux d’un seau et d’une paire de ciseaux. Durant deux heures, la guide-animatrice nature partage son savoir sur les algues afin de mieux les connaĂźtre, les reconnaĂźtre, prendre connaissance de la lĂ©gislation, l’état sanitaire de l’estran choisi et surtout les cueillir en respectant de bonnes pratiques qu’elle a consignĂ©es dans un mini-mĂ©mento distribuĂ© Ă  Elle y rappelle ainsi que 99% des ĂȘtres vivants de la planĂšte Terre sont dans la mer. Les algues, vĂ©gĂ©taux marins constituant un des piliers du bon Ă©quilibre de la nature. Parce que l’on constate ces derniers temps un engouement du public pour la cueillette et la consommation des algues, Tounn Richard nous livre ses recommandations de bonnes pratiques Il faut tout d’abord, trouver un lieu salubre et autorisĂ©, changer rĂ©guliĂšrement d’estran rocheux. Tenir compte bien sĂ»r de la lĂ©gislation concernant quelques algues pour la cueillette, dates ou et tailles Ă  respecter. Lors de la cueillette, couper les algues avec une paire de ciseaux, en grappillant d’une algue Ă  l’autre et en coupant les pointes uniquement », prĂ©cise-t-elle. Ainsi, pour la Porphyra ou Nori, dĂ©jĂ  prĂ©sente Ă  marĂ©e basse, il faudra attendre le 1er mai pour sa cueillette Ă  partir de 25 cm, autorisĂ©e jusqu’au 15 novembre. En revanche, la Saccharina latissima ou Kombu royal Ă  partir de 150 cm ou encore l’Himanthalia elongata Ă  partir de 80 cm peuvent ĂȘtre prĂ©levĂ©es toute l’annĂ©e, en respectant les tailles minimales. 
 et Ă  les cuisiner pour s’en rĂ©galer Ensuite, direction nos fourneaux, avec trois recettes culinaires aux algues entrĂ©e, plat, dessert. La premiĂšre, un tartare d’algues, proposĂ©e par l’auteure de cet article ; la seconde effectuĂ©e au cours de l’atelier cuisine qu’Elodie et Maylie ont animĂ© en visio Ă  l’issue de la balade, Ă  la mi-mars. Et l’on achĂšve ce repas avec un biscuit moelleux noisettes/algues, concoctĂ© par Tounn Richard, recette immĂ©diatement mise Ă  profit et photographiĂ©e par la gourmande qui vous Ă©crit. Tartare d’algues IngrĂ©dients algues fraĂźches ou dĂ©shydratĂ©es laitue de mer, laminaire, porphyra/nori, wakamĂ©, dulce, huile d’olive, vinaigre balsamique, jus de citron, cĂąpres, oignons blancs ou Ă©chalotes, ail, coriandre, gingembre frais ou marinĂ©, poivre, sauce soja. QuantitĂ© non prĂ©cisĂ©e faites confiance Ă  vos papilles gustatives au fil de la prĂ©paration. PrĂ©paration hĂącher finement les algues fraĂźches avec les oignons blancs ou les Ă©chalotes, les lamelles de gingembre, la coriandre. MĂ©langer aux autres ingrĂ©dients. Conserver au frais dans un pot en verre fermĂ©. Le tartare d’algue se savoure sur des toast de pain, galette de blĂ© noir ou de maĂŻs, sur des feuilles d’endive et au grĂ© de votre imagination. Samossas riz-algues-petits lĂ©gumes fbt IngrĂ©dients – mĂ©lange d’algues fraĂźches ou sĂ©chĂ©es – 100 g de riz parfumĂ© – 2 carottes – 5 champignons blancs – cumin, coriandre, sel, poivre – feuilles de brick. PrĂ©paration faire cuire le riz en ajoutant des fucus dans l’eau de cuisson. DĂ©couper les algues fraĂźches et les champignons en petits morceaux et les carottes en bĂątonnets. MĂ©langer le tout avec le riz et les Ă©pices. Etaler sur les feuilles de brick et former des triangles badigeonnĂ©s Ă  l’huile d’olive. Enfourner et cuire jusqu’à ce que les samoussas soient bien dorĂ©s. A dĂ©guster avec une sauce soja. Moelleux noisettes-algues IngrĂ©dients 165g de noisettes en poudre – 80g de sucre complet – 4 Ɠufs – 125 g de beurre salĂ© – 10 g d’algues sĂ©chĂ©es et broyĂ©es. PrĂ©paration sĂ©parer les jaunes des blancs. MĂ©langer les jaunes avec le sucre puis le beurre fondu, la poudre de noisettes, les algues. Monter les blancs en neige et incorporez-les en douceur. Mettre le tout dans un moule Ă  cake ou Ă  gĂ©noise, de prĂ©fĂ©rence en verre ou en terre cuite. Cuisson Ă  180°, environ 25 minutes. * **Contact TounNature – Tounn RICHARD – 02 96 54 11 51 – 06 79 77 13 45 – bilitounn[] – Sur les plages bretonnes, les algues vertes prolifĂšrent au grand dam des habitants. Un jeune designer industriel a rĂ©ussi Ă  les transformer en matiĂšres solides et textiles pour en faire des objets aussi diffĂ©rents qu’une chaise ou une M01 4L’Ouest du pays est peut-ĂȘtre en passe de devenir le pays de l’or vert. AprĂšs 5 ans de recherche avec des scientifiques, Samuel Tomatis, un jeune designer a trouvĂ© une alternative au plastique en crĂ©ant une matiĂšre premiĂšre 100 % conçue Ă  partir d’algues. A la sortie, il est capable de fabriquer des meubles, des tissus, des accessoires ou de la vaisselle, solides et des T-shirt ou des sacs Ă  main en algue Pour fabriquer un meuble, le vĂ©gĂ©tal va ĂȘtre moulĂ© comme un vulgaire plastique aprĂšs avoir Ă©tĂ© compressĂ©, grĂące ses propriĂ©tĂ©s gĂ©lifiantes. C’est tout simplement l’eau qui va servir de liant. Pour produire du tissu, les algues sont trempĂ©es, lavĂ©es, sĂ©chĂ©es, lissĂ©es puis peignĂ©es en fibres avant d’ĂȘtre filĂ©es et tissĂ©es comme du coton. Sans teinture, le designer obtient des Ă©toffes oscillant entre le vert et le marron mais qui peuvent Ă©voluer vers le blanc, selon les plantes rĂ©coltĂ©es. L’algue peut Ă©galement ĂȘtre traitĂ©e puis travaillĂ©e comme du cuir autorisant ainsi la conception de produits de maroquinerie. Arriver Ă  faire des objets qui soient complĂštement en algue mais qui ont aussi une capacitĂ© technique de capter le CO2 dans l’air, ça pourrait jouer le rĂŽle d’un purificateur d’air dans un espace, alors que c’est un objet usuel » se prend Ă  rĂȘver Samuel Tomatis, dans un podcast consacrĂ© Ă  ses espĂšce vĂ©gĂ©tale envahissante et toxique qui devient une ressource Le dĂ©clic pour le jeune dĂ©signer a Ă©tĂ© le problĂšme rĂ©current en Bretagne de l’eutrophisation. Pour les nĂ©ophytes, l'eutrophisation, c’est le phĂ©nomĂšne qui dĂ©signe l’apport excessifs d'Ă©lĂ©ments nutritifs dans l’ocĂ©an par ruissellement des nitrates et des phosphates prĂ©sents dans les engrais agricoles. Cette surabondance entraĂźne une prolifĂ©ration soudaine d’algues vertes. Lorsqu’elles Ă©chouent sur la plage, elle se dĂ©composent en Ă©mettant des gaz potentiellement toxiques. Samuel Tomatis s’est alors mis en tĂȘte de recycler ce biodĂ©chet pouvant ĂȘtre dangereux en matĂ©riau de construction. Bien lui en a pris ! Avec ses objets en algue, il a dĂ©crochĂ© des bourses et plusieurs prix tel que le Grand Prix de la CrĂ©ation de la Ville de l’artisanat Ă  la production industrielle Les algues constituent une ressource trĂšs simple Ă  rĂ©colter. Pas besoin de forage, il n’y a qu’à se baisser, pourrait-on dire. Pas besoin non plus de mettre en place une culture spĂ©cifique, eu Ă©gard Ă  leur prolifĂ©ration. Il reste encore Ă  organiser la collecte et une filiĂšre de production locale. Mais avec plusieurs projets aboutis et usinables comme la chaise Alga qui trĂŽne dĂ©sormais au Centre Pompidou au milieu des Ɠuvres de la collection permanente, le designer prouve que l’utilisation des algues Ă  l’échelle industrielle entre dans le domaine du possible. Un premier pas vers la banalisation de cette matiĂšre premiĂšre peu banale qui nous dĂ©barrassera peut-ĂȘtre dĂ©finitivement du plastique dans quelques dĂ©cennies. D’ailleurs en Bretagne, les industriels s’intĂ©ressent dĂ©jĂ  aux algues, depuis quelques annĂ©es, pour l’agriculture, l’alimentation, la cosmĂ©tologie et la fabrication d’autres matĂ©riaux lire aussi

algue récoltée sur les plages de bretagne